Plusieurs bœufs dans un champ verdoyant, dont un qui nous fait face et nous regarde.
Environnement, Mode de vie

Débuter 2021 en mangeant moins de viande – Partie 1: Pourquoi?

L’année 2020 nous aura appris une chose avec certitude: l’homme a un grand impact sur les changements climatiques, mais a également le pouvoir de les renverser s’il le souhaite. Le ralentissement de l’activité humaine pendant que toute la planète retenait son souffle aura permis d’observer des phénomènes inédits et de mettre en lumière l’influence que nous pouvons avoir. En raison de son impact environnemental majeur, l’élevage du bétail est l’un des secteurs dans lesquels nous pourrions faire de petites améliorations pour engendrer un effet tangible. Sans arrêter complètement de manger de la viande, une diminution de sa consommation peut produire de bien plus grands résultats que ce que nous pourrions imaginer. Si chacun réduit de façon individuelle son ingestion de produits carnés, l’impact généré à l’échelle de la population pourrait être d’une ampleur inégalée.

Pourquoi devrions-nous manger moins de viande?

La propension à en consommer trop

Vous serez peut-être surpris d’apprendre que nous avons tendance à manger beaucoup plus de viande que ce que recommande le guide alimentaire canadien. En effet, l’ancienne version statuait qu’une portion était égale à 75g, et que nous devions en consommer deux (2) ou trois (3) quotidiennement, en fonction de notre sexe. Or, qui n’a jamais englouti un énorme steak au restaurant, équivalant à environ quatre (4) ou cinq (5) portions? La nouvelle version du guide alimentaire est plus flexible, nous invitant à garnir notre assiette de 25% d’aliments qui sont une bonne source de protéines (viandes, poissons, protéines végétales, légumineuses, noix, graines, produits laitiers, etc.).

Le guide alimentaire donne des indications générales qui s’appliquent à l’ensemble de la population. Il est important de savoir qu’outre notre sexe et notre tranche d’âge, notre degré d’activité physique ainsi que notre poids ont une influence sur la quantité de protéines à consommer quotidiennement. Les données suggèrent que nous devrions consommer 0,8 gramme (g) de protéines par kilogramme (kg) de poids corporel afin de veiller à satisfaire nos besoins journaliers. À moins de faire une activité physique intense et musculairement exigeante, il n’est pas nécessaire d’en ingérer plus que la quantité recommandée. Toutefois, il importe de garder à l’esprit qu’une certaine quantité de viande ne correspond pas à une quantité égale de protéines.

Les impacts environnementaux de l’élevage bovin

L’émission de gaz à effet de serre

Le secteur de l’élevage du bétail destiné à l’industrie de la viande et des produits laitiers est le plus grand producteur de gaz à effet de serre (GES), responsables entre autres du réchauffement de la planète. En guise de comparaison, l’exploitation animale, en raison de la digestion des bovins générant du méthane, produit plus de GES que les émissions totales de toute l’industrie du transport. Comme il entraîne un plus grand effet de serre, le méthane est un gaz 86 fois plus dommageable que le gaz carbonique (CO2) émis par les véhicules motorisés. Ces informations proviennent du documentaire Cowspiracy, disponible sur Netflix, qui traite des impacts de l’élevage intensif du bétail sur plusieurs paramètres liés aux problématiques climatiques actuelles.

La consommation d’eau

L’industrie de la viande et des produits laitiers, donc dérivés de l’élevage bovin, sont de grandes consommatrices de ressources. Si vous croyez que la fracturation hydraulique est une grande assoiffée, vous serez surpris d’apprendre que l’élevage du bétail la surpasse. Pour que vous puissiez déguster un hamburger, 2500L d’eau ont été nécessaire, tandis que le total s’élève à 9500L pour une (1) livre de viande de bœuf. À titre de comparaison, on parle de 1800L pour les œufs et de 3400L pour le fromage. Aux États-Unis, la consommation d’eau domestique compte pour 5% du total du pays, tandis que l’exploitation animale accapare à elle seule une part de 55%. À l’échelle planétaire, l’élevage d’animaux pour la nourriture monopolise 30% de la consommation mondiale d’eau. Ces informations proviennent également du documentaire Cowspiracy.

L’utilisation des terres et la déforestation

Aux États-Unis, 47% de la superficie du pays est affectée à la production alimentaire. Seriez-vous surpris d’apprendre que, de cette superficie, 70% sont consacrés à la culture des aliments pour le bétail? Un maigre 1% est occupé par la culture des fruits, légumes et oléagineux destinés à l’alimentation humaine. Pour synthétiser les derniers chiffres, on peut donc dire qu’un tiers de la surface des États-Unis sert à nourrir les bœufs qui servent à nourrir les humains… Les experts s’entendent pour dire que l’élevage bovin est l’utilisation de ressources la moins efficace de la planète. Et pour avoir accès à ces immenses superficies, il faut parfois faire appel à des moyens radicaux. De toutes les causes de la déforestation tropicale, soit la destruction de la précieuse forêt amazonienne, la viande de bœuf arrive en première position. L’augmentation de la population mondiale et donc de la consommation ne fera que mettre plus de pression sur un système déjà dommageable pour l’environnement. Ces informations proviennent du documentaire Before the flood, dont la version complète est disponible sur YouTube.

On se retrouve dans un prochain article pour discuter des solutions qui existent afin de réduire graduellement sa consommation de viande. Je pense notamment à diminuer la grosseur de ses portions, à en manger quelques repas de moins par semaine, à choisir des sources moins dommageables et même à incorporer des recettes végétariennes à son menu. Peut-être que faire un pas vers une alimentation plus végétale pourrait s’avérer plus simple que vous n’auriez pu l’imaginer, un petit geste à la fois.

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