Femme tournée vers un coucher de soleil au sommet d'une montagne.
Général

Faire le deuil d’un être cher: 7 leçons en 7 ans

Si vous me connaissez personnellement ou me lisez depuis longtemps, vous savez que j’ai perdu mon papa il y a sept (7) ans d’une maladie neurodégénérative. Après plusieurs années difficiles, je sens enfin que je remonte la pente, que le plus gros de la tempête est derrière moi. Je n’oublierai jamais mon papa, mais mes blessures sont aujourd’hui moins vives. Cette épreuve a forgé la personne que je suis et m’a permis d’en tirer des leçons que je souhaite partager avec vous dans cet article.

Rien n’arrive pour rien… oui mais non

J’étais une fervente utilisatrice de ce proverbe jusqu’au 12 mai 2017, le jour où notre vie a basculé pour ne plus jamais la même. Il est vrai que le destin a tendance à nous envoyer ce dont nous avons besoin au moment opportun… mais là je dois dire qu’il s’est un peu trompé.

Mon papa, mon roc, un modèle de santé physique et mentale dont les excès se comptaient sur les doigts d’une main, s’est vu affubler d’une maladie incurable, sans véritable espoir de guérison. Je ne dis pas que certaines personnes «méritent» une telle fatalité, mais s’il y a bien quelqu’un qui ne la méritait pas, c’est bien mon papa.

Tout ça pour dire que non, la vie n’est pas toujours juste, et il vaut mieux l’accepter le plus tôt possible si l’on veut trouver une certaine paix intérieure.

Le bonheur, c’est maintenant

Le décès de mon papa m’a fait prendre conscience que, même si l’on met toutes les chances de notre côté pour être en bonne santé, parfois la vie en décide autrement. Il faut donc choisir d’être heureux maintenant, et toujours faire passer son bonheur en priorité, peu importe la forme qu’il prend.

C’est pourquoi j’ai développé une tolérance très faible à l’inconfort émotionnel, que ce soit dans mes relations ou dans ma vie professionnelle. Dès que je sens que quelque chose ne me convient plus, me cause un déséquilibre émotionnel ou fragilise ma paix intérieure, je prends les mesures nécessaires pour y mettre fin. Je n’ai pas peur de recommencer à zéro et de prendre les décisions qui s’imposent pour mon bonheur et mon bien-être.

Il n’y a pas qu’un seul chemin à suivre et le mien mènera toujours au bonheur, car le bonheur c’est maintenant 

Penser à la retraite sans sacrifier son présent 

Mon cher papa a mis de l’argent de côté toute sa vie, répétant qu’il retournerait en Europe «à sa retraite», qu’il recommencerait à dessiner «à sa retraite», etc. Ironie du sort, la vie avait d’autres plans pour lui et il nous a quittés à 56 ans, à quelques années seulement de ce moment tant attendu.

Il n’a jamais pu profiter de ses économies, accumulées en travaillant d’arrache-pied dans un emploi qui ne le remplissait plus autant de joie en fin de carrière. Bien sûr, je ne dis pas qu’il faut dépenser sans compter, mais il est essentiel de trouver un juste milieu qui nous permette d’en profiter maintenant et plus tard.

Je sais que ma façon de penser est un peu utopique, mais j’ose croire qu’en faisant un métier que j’adore et qui me passionne, je ne ressentirai jamais l’urgence de prendre ma retraite, car j’aurai su en profiter tout au long de ma vie.

Même au cœur de la tempête, il faut s’accrocher 

Même si vous avez l’impression d’être sur une planche au milieu de l’océan en pleine tempête ou au cœur d’une tornade qui fait rage, sachez que le soleil vous attend toujours de l’autre côté. Il y a toujours une accalmie au détour de chaque intempérie. Accrochez-vous le temps que la tempête diminue en intensité et que la douleur soit moins vive, car vous avez encore tellement à vivre: de l’amour à donner et à recevoir, des endroits à explorer, des éclats de rire et des repas à partager, des relations à construire, du bonheur à conquérir…

Et si vous sentez que c’est trop lourd, n’hésitez jamais à tendre la main, à demander de l’aide, à appeler un ami ou un membre de la famille ou à composer le 1-866-APPELLE. Si quelqu’un de votre entourage traverse un deuil, n’hésitez pas à lui écrire plus souvent, à l’appeler, à aller le voir ou à lui laisser savoir que vous êtes là. Qui sait, vous pourriez lui sauver la vie. ♥

Le temps est le seul vrai guérisseur

Quoi qu’on en dise, le temps est le seul véritable guérisseur. Le passage du temps contribue à apaiser la douleur, mais il n’y a pas de rythme universel. Chaque personne, chaque deuil est unique.

Même après sept (7) ans, il m’arrive encore de ressentir des vagues de tristesse, mais elles sont de plus en plus espacées. Cependant, bien que le temps contribue à atténuer la douleur émotionnelle, il ne guérit pas toutes les blessures. La guérison est un processus actif qui demande des efforts, une prise de conscience de soi et parfois un soutien extérieur. 

Il faut prendre le temps de s’asseoir avec sa douleur, de la vivre et de l’accueillir quand elle passe, sans honte ni culpabilité. Je vous laisse sur une petite image qui illustre très bien ce processus:

Le deuil fragilise autant qu’il consolide

Le deuil est à nos relations ce que la distance est à l’amour: il éteint les petites et attise les grandes. Il a le pouvoir de fragiliser certaines relations et d’en consolider d’autres.

En effet, c’est dans ce genre d’épreuves que l’on peut reconnaître les «vrais de vrai», ceux qui sont prêts à se battre avec nous et qui restent à nos côtés même quand nous sommes au plus bas. Cet événement tragique aura permis à notre famille de se rapprocher bien plus que je n’aurais pu l’imaginer. Je ne dis pas que nous n’étions pas une famille soudée, mais nous avons dû unir nos forces pour affronter la tempête qui s’apprêtait à fragiliser nos fondations.

Je vais y aller d’une de mes citations en guise de conclusion: Il vaut mieux avoir une poignée de vrais amis sur qui on peut compter à tout moment, que des dizaines de connaissances qui ne seraient pas prête à lever le petit doigt en cas de besoin.

Ne tiens jamais rien pour acquis

Même si l’on croit qu’une personne ou une situation sera là pour toujours, rien n’est jamais garanti. On ne sait jamais ce qui nous attend au tournant, alors il faut profiter de chaque instant qui passe. Il ne faut pas attendre la maladie ou le deuil pour dire «je t’aime» à nos proches et pour passer des moments de qualité avec ceux qui nous sont chers.

J’aurais aimé pouvoir dire que je n’ai aucun regret par rapport à ma relation avec mon papa, mais ce n’est pas le cas. J’ai eu la «chance» d’avoir 15 mois pour me rattraper, autant que cela se puisse, mais n’attendez pas d’être dans cette position pour le faire. Apprenez de mes erreurs et faites-le maintenant. Dites à vos proches que vous les aimez. Souriez de toutes vos dents. Riez à gorge déployée. Profitez de chaque instant. Soyez heureux, tout simplement.

Même si cet article repose sur une expérience douloureuse, le deuil de mon papa, mon intention est simple: que vous reteniez ces apprentissages et que vous en tiriez le meilleur. Tirez avantage de l’épreuve que j’ai vécue pour ne pas répéter les erreurs que j’ai faites.

2 commentaires

  1. Vincent Fortin a dit :

    Très bien dit!

    1. Merci Mr Fortin <3

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