Femme de dos devant un volcan, les bras en Y, et faisant des signes de paix, à côté d'une motocyclette.
Mode de vie, Santé

J’ai arrêté l’alcool, et voici ce qui est arrivé…

Je ne peux pas dire que j’ai un problème avec l’alcool, mais je me rends compte que celui-ci peut parfois être une béquille dans certaines situations. En raison de ma nature anxieuse et hypersensible, l’alcool me donne «quelque chose à faire», de quoi occuper mes mains lorsque je suis seule dans un contexte social. À petite dose, il provoque une sensation de désinhibition qui m’aide avec l’anxiété et à aller vers les gens, en plus de me désensibiliser face aux stimuli extérieurs. Pour certaines personnes hypersensibles, les sons, les lumières et les foules peuvent être plus difficiles à gérer, et l’alcool peut donner un petit coup de main. Pour ma part, je ressentais déjà une sensation de bien-être et de détente après un verre, mais je n’aimais pas le fait d’avoir besoin d’alcool pour me sentir ainsi. Je voulais arriver à développer mes propres mécanismes internes pour atteindre cette sensation.

Aussi, le fait que je pratique la danse en ligne dans un bar country de façon assez fréquente me met parfois en situation de consommation d’alcool. Avec mon petit groupe de danseurs, c’était facile de prendre un verre pour «faire comme tout le monde». Même si ce n’était qu’un verre ou deux, par-ci par-là, ça représente tout de même une certaine accumulation d’argent et de calories sur une semaine. Même si ce n’est pas beaucoup, c’est toujours un peu, et c’est presque pire que si c’était beaucoup, une fois de temps en temps.

La sensation de perte de contrôle liée à l’alcool exacerbe l’anxiété. Avez-vous souvenir de vous être réveillé au lendemain d’une soirée bien arrosée en ressentant un inconfort qui vous prend au ventre? L’impression d’avoir fait des bêtises, de ne pas avoir maîtrisé tous les mots qui sont sortis de notre bouche, car l’alcool affecte le jugement et rend les filtres plus permissifs. On a, ou plutôt on a l’impression d’avoir, des conversations profondes, mais on n’arrive pas à se souvenir précisément de ces discussions un fois les vapeurs d’alcool envolées. C’est aussi l’une des raisons qui m’a motivé à repenser ma consommation.

L’alcool joue également sur la qualité du sommeil, même à raison d’un ou deux verres. C’est un dépresseur du système nerveux central, mais il peut avoir un effet stimulant en raison de l’augmentation de la dopamine (le neurotransmetteur du plaisir). En effet, il provoque une sensation de détente et de somnolence, mais avez-vous déjà remarqué qu’au réveil, on ne se sent pas plus reposé? Un bon sommeil fait partie intégrante d’une bonne qualité de vie… et d’un weekend productif.

C’est donc après Noël l’année dernière que j’ai décidé de couper l’alcool complètement, pour voir les bienfaits que cela pourrait avoir sur ma qualité de vie. Je n’ai pas consommé d’alcool pendant deux mois, et contre toute attente… je ne suis pas morte! Je dois avouer que les premières sorties sociales «à sec» ont été plus anxiogènes pour moi, puis j’ai senti que je reprenais tranquillement le contrôle de mes réactions. Une fois le vertige des premiers jours passé, j’ai pu commencer à ressentir les effets bénéfiques de cette détoxification, et ils ont été plus nombreux que ce à quoi je m’attendais.

Tout d’abord, les effets corporels. J’ai été surprise de constater qu’après quelques temps, mon corps s’est affiné, car la rétention d’eau commençait à s’estomper. En effet, l’alcool provoque de la rétention d’eau parce qu’il déséquilibre l’hydratation. Il a un effet diurétique qui pousse à uriner plus fréquemment, ce qui déshydrate le corps et l’incite à retenir l’eau restante pour compenser. En diminuant la production de l’hormone antidiurétique, il empêche les reins de réabsorber l’eau tout en augmentant la production d’urine. Cette perte excessive d’eau pousse l’organisme à retenir ce qui reste pour maintenir son équilibre hydrique, ce qui conduit à la rétention d’eau.

L’arrêt de l’alcool m’a donné l’impression d’avoir l’esprit plus clair et d’obtenir des réponses à mes questions. L’absence d’interférences permet d’être plus attentif aux signaux de notre tête et de notre corps, et parfois même aux messages que l’univers nous envoie en réponse à nos questionnements. En développant mes propres mécanismes de gestion de mon anxiété sociale, je me suis sentie plus forte et davantage en contrôle de mes moyens. Je ne sentais plus que mon bien-être dépendait de la consommation d’alcool, je sentais  qu’il se trouvait en moi, dans ma façon de réagir aux stimuli de mon environnement.

Et ce ne serait pas un bon article de ma part si je ne vous parlais pas des avantages financiers liés à l’arrêt de ma consommation d’alcool. Comme je le disais tout à l’heure, même si c’est un verre ou deux, une ou deux fois par semaine, ça représente tout de même un certain montant du budget mensuel. C’est beaucoup plus satisfaisant de me dire que mon argent sera mieux investi dans mes projets ou dans un bon repas au restaurant (sobre!), et que je me réveillerai en pleine forme le lendemain.

Après cet arrêt complet où j’ai pu repenser ma consommation, j’ai décidé d’adopter un mode de consommation plus réfléchi, plus conscient. Je prends un verre quand j’ai une occasion à souligner, quand j’en ai envie pour vrai, ou quand je suis en agréable compagnie, dans un safe place qui me fait sentir bien.  Je ne prends plus un verre par automatisme, pour faire comme tout le monde ou parce que je cède à une pression externe (ou interne). Et même avec tout ça, si je n’en ai pas envie, je n’en prends tout simplement pas. J’ai perdu le réflexe de le faire automatiquement… et je commande très souvent de l’eau!

Pour le moment, je n’envisage pas la sobriété complète, mais je suis contente d’avoir pu reprendre le contrôle sur mes mécanismes de consommation d’alcool et de le faire maintenant de façon plus consciente. J’espère que mon petit témoignage vous aura permis de vous poser des questions quant à votre propre consommation, et que mes mots auront pu semer une petite graine de réflexion dans votre esprit. L’important, ce n’est pas de le faire ou de ne pas le faire, c’est de faire ce qui vous convient, à vous, sans pression extérieure.

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