Caravane blanche devant une étendue 'eau et des collines au loin.
Mode de vie, Voyages

Vanlife: mon (honnête) opinion après 5 ans

Si vous êtes là depuis 2021, vous êtes là depuis mes débuts dans le monde de la vanlife aka le commencement du projet Ginette. Vous avez vu passer Gigi 1.0 jusqu’à Gigi 4.0 et vous avez également été témoins de mon plus beau roadtrip à vie, en Gaspésie, ainsi que d’autres aventures mémorables, notamment au Nouveau-Brunswick. Après avoir mis mon système à l’épreuve pendant cinq (5) ans, j’ai envie de vous partager mon honnête opinion sur cette façon de voyager. Même si ça peut sembler toujours rose vu de l’extérieur, c’est certain qu’il y a quelques désagréments et compromis à faire pour en tirer le meilleur.

Mise en contexte

Afin de nuancer les pours et les contres qui vont suivre, je veux d’abord prendre le temps de vous expliquer mon installation de vanlife. Il faut savoir que ma caravane aménagée est aussi mon véhicule de tous les jours, autant pour le travail que pour mes déplacements. C’est pourquoi j’y suis allée de façon minimaliste afin de pouvoir utiliser Ginette à sa pleine capacité en tout temps. Le lit ainsi que le système de rangement sont moins amovibles que dans la version 1.0, mais ils n’occupent pas tout l’habitacle. D’aventure en aventure, j’ai pu mettre mon système à l’épreuve et l’améliorer en fonction de mes besoins, mais il est certain qu’on ne parle pas d’un van dans lequel on peut être debout, cuisiner et prendre sa douche n’importe où.

Les désavantages de la vanlife

L’assouvissement des besoins de base

Avec une installation comme la mienne, sans lavabo ni douche à l’intérieur, il est plus difficile d’effectuer les tâches liées à l’hygiène. Rassurez-vous, je me brosse les dents deux (2) fois par jour et je prends ma douche presque chaque jour, mais c’est toujours un peu plus compliqué, car il faut trouver des endroits pour le faire. Il n’est pas rare de devoir se brosser les dents au McDonald, dans un dépanneur ou au bord de la route, ou encore de faire les yeux doux dans un camping pour prendre une douche. Même chose pour aller à la salle de bain, mais j’ai désormais une «toilette» ainsi que de la sciure de bois pour les besoins pressants ou nocturnes.

Sans cuisine à l’intérieur, il est parfois difficile de trouver un endroit pour cuisiner, car je ne peux pas le faire à l’intérieur (ou très minimalement). Il m’arrive souvent de manger des tartines au beurre d’arachide pour déjeuner ou de dîner des collations décousues lors des jours de pluie ou de grand vent.

Les limitations des endroits où dormir

Selon l’endroit visité, il peut parfois être compliqué de trouver où dormir. Certaines villes sont très «vanlife friendly», alors que d’autres ont les gens qui dorment dans leur véhicule en horreur. Avec les bonnes applications (ma préférée: iOverlander) et en suivant son instinct, cela se fait bien la plupart du temps. Selon l’endroit choisi et les installations sur place, il faut parfois attendre qu’il fasse noir avant de s’y installer pour la nuit.

Dans le doute, les stationnements de Walmart et Canadian Tire sont de bonnes options, autant pour la lumière que pour la présence d’autres personnes, mais c’est souvent bruyant le soir et tôt le matin.

L’accès à l’électricité

Pendant l’une des évolutions de Ginette, j’ai songé à installer un panneau solaire et un système de batteries, mais le prix m’a rapidement découragée. Lorsque je ne parcours pas de longues distances, donc que je ne peux pas profiter de la recharge de mes électroniques grâce à la prise 12V, il m’arrive de passer un peu trop de temps au McDonald pour profiter de l’électricité.

Vivre dans un espace limité

Vivre dans un espace limité, c’est apprendre à vivre avec un bordel organisé (ou presque), même si on fait le ménage tous les jours. En passant d’un lit double à un lit simple, j’ai toutefois pu créer de l’espace afin d’être mieux organisée, de faciliter les tâches quotidiennes et d’avoir plus de liberté de mouvement. Les jours de pluie où l’on est «confinés» à l’intérieur sont cozy, mais on peut rapidement trouver le temps long.

Les avantages de la vanlife

La liberté & la spontanéité

Pour moi, la vanlife est synonyme de liberté: celle de dormir où je veux et quand je veux (ou presque, on s’entend!). Elle répond à un besoin de spontanéité lorsque l’envie de partir sans plan précis me prend, lorsque le besoin de lâcher prise se fait sentir. Sans avoir besoin de tout réserver, me voilà sur la route à me laisser porter par les kilomètres qui défilent.

Puisque ma caravane est une voiture «normale» et qu’on ne soupçonnerait pas que j’y dors, je pourrais le faire littéralement partout. Je n’ai jamais expérimenté dormir sur le bord d’une rue dans un quartier résidentiel, mais je sais que je pourrais le faire sans attirer l’attention.

L’autonomie

C’est un sentiment particulier que celui d’avoir tout ce qu’il faut dans son véhicule pour survivre plusieurs jours en autonomie complète. Cette indépendance, moyennant un minimum de préparation, permet de laisser la route agir comme seul guide et de se laisser porter par nos envies du moment.

Ralentir et simplifier

La vanlife, c’est une façon de voyager qui s’inspire d’un mode de vie basé sur la simplicité et le minimalisme. Même si le véhicule permet d’amener plus de bagages que si l’on partait avec un coffre de voiture ou un simple sac à dos, il ne faut toutefois pas le surcharger. Un espace aussi restreint se doit d’être bien pensé et optimisé afin de maximiser le tout sans nuire aux activités courantes. En voyageant de cette façon, et en voyageant tout court, on réalise que l’on a besoin de beaucoup moins que ce que l’on croit.

Le bonheur, ce n’est pas une destination, c’est un voyage

L’un des aspects que je préfère de la vanlife, c’est que la route en soi fait aussi partie de l’aventure. Quand je suis allée au Nouveau-Brunswick, je suis partie sans plan précis, avec pour seule ligne directrice de suivre la côte et d’avoir toujours le fleuve dans mon champ de vision. Avec cette philosophie, toutes les tâches se font avec de magnifiques panoramas: faire à manger, dormir, relaxer, lire, se brosser les dents, etc.

Une façon abordable de voyager

Selon la façon qu’on choisit de voyager, il est possible de le faire de manière vraiment abordable. En évitant les campings et les restaurants, le poste budgétaire le plus important est l’essence. Pour mon roadtrip au Nouveau-Brunswick, cela m’a coûté 449,27$ pour 11 jours (40,84$/jour), dont 349,95$ d’essence. J’avais fait l’épicerie avant de partir et apporté beaucoup de nourriture de la maison pour limiter mes dépenses, mais c’est exactement ce que la vanlife permet.

Chaque «problème» a sa solution

Malgré tous les désavantages que j’ai pu vous nommer, les avantages viennent compenser largement les irritants rencontrés. De plus, avec des moyens et un peu de créativité, il existe une solution pour chacun des points mentionnés. En vanlife, tout se fait de façon un peu plus longue et compliquée qu’à la maison, mais ça fait partie de l’aventure et ça permet de ralentir et de profiter de la beauté de ce mode de vie. Pour ma part, j’adore aller à la buanderie et attendre après mes vêtements en discutant avec les locaux ou en lisant un bon livre au soleil.

J’espère que vous avez aimé que je vous partage avec honnêteté mon opinion sur cette façon de voyager qu’est la vanlife. Malgré le fait que j’ai choisi volontairement un setup minimaliste, je réalise que j’ai atteint les limites de sa capacité. Je veux continuer de voyager de cette façon, mais je ne veux pas investir plus d’argent dans Ginette, car je suis prête pour l’étape suivante. Avez-vous déjà essayé la vanlife? Qu’en avez-vous pensé? Lequel des inconvénients vous a le plus surpris?

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