Vous le savez, ça fait LONGTEMPS que je suis en guerre contre le plastique, avec mes articles à saveur zéro déchet qui vous encouragent à diminuer votre consommation de produits à usage unique. Aujourd’hui, j’ai envie de vous parler des effets dommageables du plastique de façon plus concrète, avec des preuves pour appuyer mes dires. Le visionnement du documentaire Désintox plastique m’a donné comme un électrochoc, notamment en démontrant ses effets délétères sur la santé et la fertilité.
Avant de vous en parler plus en détail dans un prochain article, j’avais envie de commencer par la base: les effets du plastique sur l’environnement. Faites-vous un café et assoyez-vous confortablement, ça part!
Les effets du plastique sur l’environnement
J’ai écouté le documentaire A plastic Ocean sur Netflix il y a environ cinq (5) ans, et ce que j’y ai appris m’a percutée de plein fouet.
Le mythe de la recyclabilité du plastique
Il y a 120 ou 130 ans, les plastiques végétaux étaient à l’honneur. Avec la révolution industrielle est apparu le pétrole et avec lui le plastique tel qu’on le connait aujourd’hui. C’est l’industrie pétrolière qui a découvert le «plastique moderne», qui est maintenant à base de pétrole. «Le plastique est merveilleux, car il est durable, mais le plastique est mauvais parce qu’il est durable.» Ce n’est que plus tard que l’on a découvert le revers de la médaille, et encore aujourd’hui nous en découvrons les conséquences néfastes.
Le plastique est omniprésent dans notre quotidien, car on a fait croire à la population que celui-ci pouvait être recyclé. En fait, l’industrie repose sur un mensonge, car en vérité seulement 9% du plastique est recyclé (ce nombre varie selon les sources). Le recyclage du plastique coûte très cher et il n’est pas envisageable de le faire à grande échelle pour des raisons de viabilité financière.*
*Je nuance ici le fait que plusieurs alternatives pour le recyclage du plastique existent désormais, mais que les coûts demeurent élevés et la pratique, marginale.
Quelques statistiques affolantes sur le plastique (en 2016)
- « Il y aura deux fois plus de plastique dans le monde en 2040/2050 que maintenant (en 2016). »
- « D’ici 2025, on estime qu’il y aura dix (10) fois plus de plastique jeté dans les océans chaque année. »
- « Dans les dix (10) dernières années, nous avons fabriqué plus de plastique que pendant le siècle précédent. »
- « La moitié de cette quantité est considérée jetable, mais comment un produit considéré comme jetable peut-il être fait d’un matériel indestructible? »
- « 63 milliards de gallons de pétrole sont utilisés pour approvisionner les États-Unis en bouteilles de plastique (plus de 90% étant utilisées une seule fois). »
- « Les États-Unis jettent 38 milliards de bouteilles chaque année. C’est deux (2) millions de tonnes de plastique qui vont dans les dépotoirs américains, et c’est seulement pour les bouteilles d’eau. »
- « Seulement cette année, chaque personne sur la planète va utiliser et jeter environ 300 lb, ou 136 kg, de plastique à usage unique. »
- « Presque tous les morceaux de plastique fabriqués jusqu’à maintenant se retrouvent encore sur la planète, sous une forme ou une autre. »
- « La production mondiale de plastique devrait dépasser 300 millions de tonnes, dont la moitié ne sera utilisée qu’une seule fois avant d’être jetée. »
- « Dans le monde entier, nous utilisons environ 1 billion de sacs de plastique chaque année, leur utilisation étant en moyenne de 12 minutes. »
- « Aux États-Unis, les emballages de plastique pour les aliments constituent la majorité des déchets municipaux, ce qui représente 80 millions de tonnes par année. »
L’océan est rempli de plastique
Dans le documentaire Un océan de plastique, l’équipe de chercheurs était d’abord partie en mer à la recherche de baleines bleues. C’est ainsi qu’elle a découvert, bien malgré elle, un problème majeur: nos océans sont peuplés de déchets plastiques, de la surface jusqu’en profondeur.
En plein cœur de l’océan Indien, sur les côtes du Sri Lanka, où en théorie il ne devrait rien y avoir, ces territoires supposément vierges sont remplis de morceaux de plastique, de la surface jusqu’à au moins un mètre de profondeur. Et ces déchets ne proviennent pas que de la négligence de plaisanciers en mer. Plus de 80% du plastique dans les océans provient de sources terrestres. Même si vous ne vivez pas près de l’océan, il y a de très grandes chances que vos déchets plastiques aient trouvé leur chemin jusqu’à l’eau, par un phénomène que l’on nomme bassin versant.
C’est ainsi qu’environ huit (8) millions de tonnes de plastique se retrouvent dans l’océan chaque année. Même aux endroits du monde où la lumière du jour ne se rend jamais (à 1600m de profondeur dans la mer Méditerranée par exemple), on retrouve des bouteilles de plastique qui y resteront jusqu’à la fin des temps…
En raison des courants marins, les débris plastique qui restent à la surface s’agglomèrent pour former un phénomène que l’on nomme « île de plastique ». La plus grosse fait deux fois la taille du Texas (et continue son expansion) et se trouve dans le Pacifique Nord. Selon les estimations, cinq (5) billions de morceaux de plastique flottent actuellement dans tous les océans confondus.
Les microplastiques
Un des (nombreux) problèmes avec ces débris de plastique est qu’ils finissent par se dégrader en morceaux de plus en plus petits sous l’effet du soleil, du sel et du mouvement des vagues. En devenant de plus en plus petits, ils forment comme un smog de plastique dans l’océan, augmentant ainsi leurs chances d’être avalé par des animaux marins (même si l’on sait que de plus gros morceaux se retrouvent aussi dans l’estomac de ces pauvres créatures).
Dans certains endroits, il y a même plus de petits morceaux de plastique qui flottent à la surface de l’océan que de plancton. Les microplastiques peuvent aussi se retrouver directement dans l’océan, notamment via l’industrie textile, que l’on sait responsable d’environ 35% de ceux-ci. Les microbilles utilisées dans les exfoliants, dentifrices et cosmétiques sont aussi une source significative de microplastiques dans les océans (ils sont désormais interdits dans les produits rincés au Canada). On estime que l’Atlantique Nord contient environ 3440 tonnes de microplastiques (sans compter les plus gros morceaux de plastique, qui sont plus lourds)!
L’autre problème avec les microplastiques est leur nature. En effet, ceux-ci ont une surface rugueuse et irrégulière, parfaite pour que les produits chimiques présents dans l’eau (issus de l’industrie et de l’agriculture par exemple) s’y fixent, en faisant de petites pilules de poison. Lorsque les poissons et animaux marins ingèrent ces plastiques, les toxines qui s’y trouvent migrent vers leurs muscles et leurs tissus adipeux, et c’est ainsi que le plastique et ses toxines intègrent la chaîne alimentaire. La preuve: on a retrouvé des microplastiques dans le placenta et même dans le lait maternel… et le cycle recommence!
Les animaux marins et le plastique
Dans une partie du documentaire, une chercheuse s’intéresse aux oiseaux marins et à leur estomac, rempli de plastique malgré lui. Celle-ci mentionne que 90% de tous ces oiseaux ont avalé du plastique à un moment ou un autre de leur vie. Je suis restée sans voix devant les carcasses d’oiseaux, dont le système digestif était encombré d’une quantité de déchets difficile à envisager pour une si petite créature.
Un oiseau avait 935g (presque 1kg!!!) de plastique dans son estomac, un autre 234 morceaux de tailles variées et le record absolu est de 276 morceaux, pour un seul oiseau! En équivalent humain, cela reviendrait à avoir l’équivalent de 6 à 8kg de plastique dans notre estomac… hallucinant!
Ne pouvant faire la différence entre du krill et du plastique, on voit également une baleine à l’agonie, la pauvre ayant six (6) pieds cube de plastique à l’intérieur d’elle. Les animaux marins paient le prix de notre dépendance au plastique, qui s’insère dans la chaîne alimentaire ou qui au contraire menace la pérennité de celle-ci.
Pour venir à bout du plastique sous sa forme physique et ainsi réduire les dommages pour l’océan et la vie marine (et nous par la même occasion), il faut en venir à diminuer drastiquement sa consommation individuelle. Je vous ai déjà écrit plusieurs articles à saveur zéro déchet, notamment sur la douche, les déplacements, l’épicerie, la cuisine et l’hygiène dentaire pour vous aider dans cette transition. Dans le prochain article de cette série, nous parlerons de l’impact du plastique sur la santé.
Sources:
- Documentaire Désintox plastique
- Documentaire A plastic ocean



