Personne accroupie devant un feu de déchets plastiques
Environnement

Le plomb a tué les Romains, le plastique tuera les Humains – 2

: Les effets du plastique sur la santé

Vous le savez, ça fait LONGTEMPS que je suis en guerre contre le plastique, avec mes articles à saveur zéro déchet qui vous encouragent à diminuer votre consommation de produits à usage unique. Aujourd’hui, j’ai envie de vous parler des effets dommageables du plastique de façon plus concrète, avec des preuves pour appuyer mes dires. Le visionnement du documentaire Désintox plastique m’a donné comme un électrochoc, notamment en démontrant ses effets délétères sur la santé et la fertilité.

Après avoir parlé des effets du plastique sur l’environnement dans l’article précédent et avant de vous parler de son impact sur la fertilité, j’ai envie de vous parler plus en détail de ses conséquences sur la santé en général. C’est parti pour le deuxième article de cette série mettant le plastique au banc des accusés!

Les composants du plastique

Le plastique en lui-même n’est pas un problème, ce sont les produits chimiques qu’il contient qui peuvent dérégler nos hormones ou être cancérigènes. En effet, plusieurs composés toxiques, comme les phtalates et le bisphénol A (BPA), sont ajoutés afin d’améliorer ses propriétés physiques (flexibilité, solidité, etc.). Le problème, c’est que ces produits chimiques migrent dans la nourriture lorsqu’on chauffe le plastique, puis se retrouvent dans notre organisme. Selon Centers for Disease Control (CDC), 92,6 % des Américains âgés de six ans ou plus présentent des taux détectables de BPA dans leur organisme. Chez les enfants âgés de 6 à 11 ans, ces taux sont deux fois plus élevés que chez les Américains plus âgés.

Dans certains pays, par exemple ceux qui n’ont pas de système de gestion des déchets ou qui se retrouvent avec nos déchets plastiques, des personnes utilisent du plastique pour allumer leur feu et cuire leurs aliments. Une analyse de cette fumée a révélé qu’elle contient des phtalates et des composés cancérigènes, qui s’évaporent du plastique lorsqu’il brûle. Et ce n’est que la pointe de l’iceberg: ces composés ont des effets hormonaux et cancérogènes bien documentés.

La perturbation endocrinienne

Lorsqu’elles sont inhalées, ces substances altèrent le système hormonal : c’est ce qu’on appelle la perturbation endocrinienne. Celle-ci correspond à une altération du fonctionnement normal du système hormonal de l’organisme. En effet, ces substances trompent l’organisme en se faisant passer pour des hormones, ce qui brouille les signaux moléculaires du système endocrinien. Elles bloquent ou imitent ensuite l’action ou la production hormonale, perturbant ainsi de nombreux processus biologiques tels que la croissance, le métabolisme, la reproduction et, point crucial, le développement précoce.

Vous avez probablement déjà entendu la phrase « C’est la dose qui fait le poison », mais, quand il s’agit de nos hormones, même les niveaux d’exposition les plus faibles peuvent avoir de graves conséquences.

Les effets cancérogènes

Selon la professeure en écotoxicologie aquatique, Susan Jobling, la fumée et les résidus issus de la combustion du plastique contiennent aussi des composés pouvant avoir des effets cancérogènes, en favorisant la division cellulaire. En effet, une division cellulaire rapide amène un risque de mutation qui peut rendre la cellule cancérogène si le système de réparation de l’ADN n’est pas adéquat.

Le « plastique liquide »

Le plastique ainsi que ses composés sont partout dans notre quotidien: des produits que nous utilisons aux textiles, en passant par les produits d’hygiène, les parfums et les produits parfumés. En effet, même s’ils ne contiennent pas de microbilles, beaucoup de cosmétiques contiennent des substances sous forme de plastique liquide. Par cela, on désigne le plus souvent les polymères synthétiques liquides tels que les acrylates (vernis à ongles), silicones (par exemple le diméthicone) ou le nylon liquide, des ingrédients utilisés pour lier, texturer ou lisser. On en retrouve notamment dans les sérums capillaires, les fonds de teint longue tenue, les shampoings lissants et même certains déodorants.

Sachant cela, notre routine de soins d’hygiène se transforme en une routine d’exposition quotidienne aux produits chimiques. Les ingrédients qui sont ajoutés afin de bonifier le produit (agents filmogènes, épaississants, fixateurs, etc.) ont des effets néfastes sur la santé. En effet, il a été prouvé que plus les jeunes filles commencent tôt à utiliser des produits capillaires, plus leurs règles apparaissent précocement. Il est important de mentionner qu’une apparition hâtive des règles augmente le risque de développer un cancer du sein et de l’utérus, en raison d’une exposition plus longue aux œstrogènes.

La planète est saturée de produits chimiques manufacturés dont la toxicité n’a encore jamais été analysée et dont on ne connaît pas les effets à court ou long terme. Prenons l’exemple du plomb qui a été largement utilisé, dans l’essence comme dans la peinture, avant qu’on ne réalise sa toxicité élevée (il n’existe aucun seuil d’exposition sécuritaire pour ce métal lourd). Actuellement, une vaste expérience toxicologique est en cours avec nos enfants et petits-enfants comme sujets, puisqu’on découvre à peine les effets de ces composés sur notre santé.

Les microplastiques

Les microplastiques proviennent de trois sources principales: les textiles synthétiques (responsables de 35 % des plastiques dans l’océan), les microplastiques intentionnels (par exemple les microbilles dans les cosmétiques) ou la dégradation des plastiques en morceaux de plus en plus petits. Une autre source majeure et souvent méconnue est l’abrasion des pneus, qui libère des particules plastiques dans l’air et dans les cours d’eau.

Les sources de microplastique dans l’environnement sont multiples, ce qui les rend omniprésents – et leurs effets sur notre santé restent largement inconnus. Des microplastiques ont notamment été retrouvés dans le cerveau, le sang, les poumons, le cœur, les artères, l’estomac, le foie, les reins, le placenta et même dans le lait maternel.

Les microplastiques comme éponge

Les composés qui entrent dans la composition du plastique peuvent être toxiques, mais aussi les toxines qui se greffent sur les microplastiques en raison de leur porosité. En effet, ceux-ci ont une surface rugueuse et irrégulière, parfaite pour que les produits chimiques présents dans l’eau (issus de l’industrie et de l’agriculture par exemple) s’y fixent, en faisant de petites pilules de poison. Lorsque les poissons et animaux marins ingèrent ces plastiques, les toxines qui s’y trouvent migrent vers leurs muscles et leurs tissus adipeux, et c’est ainsi que le plastique et ses toxines intègrent la chaîne alimentaire.

Les microplastiques physiques ainsi que les toxines qui peuvent s’y lier se retrouvent donc dans notre organisme en raison des produits que nous utilisons au quotidien, mais aussi à travers ce que nous mangeons.

Pour diminuer son utilisation de plastique au quotidien et donc ses effets dommageables sur la santé en général (ainsi que sur l’environnement!), je vous ai déjà écrit plusieurs articles à saveur zéro déchet, notamment sur la douche, les déplacements, l’épicerie, la cuisine et l’hygiène dentaire. En réduisant le plastique dans plusieurs sphères de notre quotidien, nous réduisons également notre exposition aux composants toxiques qu’il contient ainsi qu’aux microplastiques physiques… Une pierre, deux coups! Dans le prochain article de cette série, nous parlerons finalement de l’impact du plastique sur la fertilité.

Sources

  • Documentaire Désintox plastique
  • Documentaire A plastic ocean
  • Discovery and quantification of plastic particle pollution in human blood – Heather A. Leslie, Martin J.M. van Velzen, Sicco H. Brandsma, A. Dick Vethaak, Juan J. Garcia-Vallejo, Marja H. Lamoree
  • Plasticenta: First evidence of microplastics in human placenta – Antonio Ragusa, Alessandro Svelato, Criselda Santacroce, Piera Catalano, Valentina Notarstefano, Oliana Carnevali, Fabrizio Papa, Mauro Ciro Antonio Rongioletti, Federico Baiocco, Simonetta Draghi, Elisabetta D’Amore, Denise Rinaldo, Maria Matta, Elisabetta Giorgini

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