Vous le savez, ça fait LONGTEMPS que je suis en guerre contre le plastique, avec mes articles à saveur zéro déchet qui vous encouragent à diminuer votre consommation de produits à usage unique. Aujourd’hui, j’ai envie de vous parler des effets dommageables du plastique de façon plus concrète, avec des preuves pour appuyer mes dires. Le visionnement du documentaire Désintox plastique m’a donné comme un électrochoc, notamment en démontrant ses effets délétères sur la santé et la fertilité.
Après avoir parlé des effets du plastique sur l’environnement dans le premier article de cette mini-série et de ses effets sur la santé dans le précédent, il est maintenant temps de vous parler de son impact sur la fertilité. C’est parti pour le troisième et dernier article de cette série mettant le plastique sous le feu des projecteurs!
Les effets du plastique sur la fertilité
Si vous avez lu le premier article de la série, vous savez que j’ai écouté le documentaire A plastic Ocean et ce que j’y ai appris m’a percutée de plein fouet. Dans la même lignée, j’ai récemment écouté le documentaire Désintox plastique et j’ai été choquée d’apprendre les effets néfastes du plastique sur la fertilité, et la santé humaine en général.
Mise en contexte de l’étude : pourquoi?
Dans le documentaire, Shanna Swan, Ph.D. et l’une des plus éminentes épidémiologistes au monde dans les domaines de l’environnement et de la reproduction, s’intéresse à une crise de l’infertilité qui fait rage. En effet, la fertilité diminue rapidement partout dans le monde, et cela semble étroitement lié aux produits chimiques contenus dans les plastiques.
Les pénis humains rétrécissent, on observe une chute globale du nombre de spermatozoïdes et les effets sur la reproduction sont difficiles à ignorer. En effet, la concentration en spermatozoïdes a véritablement chuté de 50% entre 1973 et 2011. Cette tendance s’accélère de façon spectaculaire, soit deux (2) fois plus rapidement, ce qui est trop rapide pour être considéré comme génétique. C’est donc causé par notre environnement…
L’étude, ou l’expérimentation
Le documentaire suit six (6) couples qui rencontrent d’importants problèmes de fertilité et qui essaient de concevoir un enfant depuis longtemps (entre 22 mois et plus de 10 ans), sans succès. Le but global de l’étude est de diminuer l’exposition de ces individus aux produits chimiques contenus dans le plastique afin de voir si une évolution de leur fertilité est observée. Plusieurs facteurs environnementaux font de toute évidence obstacle à leur désir de devenir parent, puisque ces couples n’ont aucun problème de fertilité connu et sont donc stériles pour des raisons inexpliquées.
Ce n’est pas une étude à proprement parler puisqu’il n’y a pas de groupe de contrôle, alors nous l’appellerons expérimentation pour les besoins de la cause. Celle-ci se veut une intervention sur trois (3) mois visant à observer les effets de la réduction de l’exposition au plastique et des produits qu’il contient sur la fertilité. Le premier constat est qu’il y a du plastique partout dans notre vie quotidienne, que ce soient des plastiques durs, mous, colorés, etc. La cuisine est l’endroit où l’on en retrouve le plus, et c’est d’autant plus problématique parce que les produits chimiques contenus dans le plastique passent dans la nourriture lorsqu’on les chauffe… Les plastiques sont aussi là où l’on ne s’y attend pas, parfois sous forme de microplastiques, comme dans les tissus, les teintures des vêtements, produits d’hygiène, parfums, etc. Ceux-ci sont ingérés, inhalés ou absorbés par la peau, et il est impressionnant de savoir que 35% des microplastiques dans l’océan proviennent des textiles.
Donc, pour l’intervention, le but premier est de retirer tous les objets en plastique dans la maison, autant que possible. Un ensemble zéro déchet, donc contenant des alternatives sans plastique aux objets du quotidien, leur a été remis. La mise en place de plusieurs habitudes est également préconisée, telles que :
- Éviter tous les produits alimentaires et les boissons vendus dans des emballages en plastique (supermarchés, plats à emporter, etc.);
- Éviter les produits désodorisants et parfumés;
- Utiliser seulement des produits d’hygiène naturels;
- Éviter les textiles synthétiques et les colorants pétrochimiques;
- Éviter les tickets de caisse, qui contiennent du bisphénol A (BPA) pour la plupart.
Au début de l’intervention
Afin d’observer les effets concrets de ces changements sur la fertilité des couples, certains paramètres ont été mesurés au début, au milieu et à la fin de l’intervention, d’une durée totale de trois (3) mois. En effet, un délai de 70 jours est nécessaire pour fabriquer un nouveau spermatozoïde, donc la durée de 90 jours permettrait d’observer des résultats, si changement il devait y avoir. Pour les deux membres du couple, l’urine a été analysée afin de mesurer les niveaux de phtalates de hauts poids moléculaires et de BPA. L’indice de masse corporelle (IMC) a également été calculé, car ces substances chimiques ont d’autres influences sur la santé, comme une augmentation du risque d’obésité. Pour les hommes, la qualité du sperme a été mesurée, donc la concentration en spermatozoïdes ainsi que le nombre de « candidats » mobiles.
Au milieu de l’intervention
À la mi-parcours, donc après six (6) semaines d’expérimentation, les niveaux de BPA de presque tous les participants ont baissé à un niveau indétectable. Les niveaux de phtalates ont également baissé pour tous. Ce qui est intéressant, c’est que les valeurs de l’homme et de la femme ont baissé en parallèle, ce qui reflète les changements dans l’environnement du couple. Pour le nombre de spermatozoïdes, certains ont ressenti de la déception face à une évolution pas très significative. Il est toutefois important de rappeler que la production de ceux-ci prend 70 jours, donc il est possible de ne pas observer de changement lors des premiers échantillons. Pour un couple, cependant, le niveau de phtalates a beaucoup augmenté, et la concentration en spermatozoïdes a même baissé…
À la fin de l’expérimentation
Les niveaux de BPA et de phtalates ont baissé jusqu’à la toute fin. Une amélioration de la concentration en spermatozoïdes, parfois de façon impressionnante, a également été observée. En effet, cinq (5) hommes sur six (6) ont vu la qualité de leur sperme s’améliorer nettement. D’autres bénéfices sur leur vie et leur santé ont également été observés, même si ce n’était pas le but premier de l’étude. Un tiers des participants ont réduit leur IMC, plus de 60% ont observé un regain d’énergie et 80% une meilleure qualité de sommeil. 86% des participants prévoient donc conserver ces nouvelles habitudes de vie à plus long terme.
C’est maintenant l’heure des résultats que vous attendez tous. Pendant l’étude, un couple est «tombé enceinte», mais a fait une fausse couche. Ces derniers ont suivi scrupuleusement les consignes, ce qui est encourageant vu les résultats rapides, malgré l’issue tragique de la situation. À la fin de l’étude et à ce jour, trois (3) couples sur six (6) ont réussi à tomber enceinte. Les résultats encourageants et prometteurs vont permettre la réalisation d’une étude plus large sur les effets du plastique sur la fertilité.
Existe-t-il des solutions ou des alternatives?
Comme l’a démontré l’expérimentation de Shanna Swan, diminuer l’utilisation de plastique dans sa vie quotidienne, ne plus manger à l’extérieur et limiter les parfums sont des gestes relativement simples à mettre en place et très efficaces. Cela peut paraître décourageant car les plastiques sont littéralement partout, mais on peut diminuer grandement notre exposition et notre utilisation.
Choisir des fibres naturelles pour les vêtements permet également de limiter notre exposition au plastique. Les teintures utilisées dans l’industrie textile sont également généralement dérivées de l’industrie pétrochimique. Les toxines dans les teintures et dans les tissus synthétiques sont absorbées par la peau, ce qui réduit l’espérance de vie et la fertilité. En effet, notre peau est notre plus grand organe et elle peut absorber plus de 60% des produits chimiques que l’on y applique. Il faut donc chercher à remplacer les fibres synthétiques (acrylique, polyester, élasthanne, nylon) par des fibres naturelles telles que le coton, le lin, le chanvre et la viscose issue d’arbres. Il existe également des colorants issus de la nature ou à partir d’aliments retrouvés dans la cuisine.
La rédaction d’un traité international contre la pollution est en train d’être négociée par l’ONU. En pensant à ce qui pénètre dans le corps humain, et donc en adoptant une approche axée sur la santé, on ira au-delà de seulement ce qu’on voit sur nos plages et nos océans.
Pour diminuer son utilisation de plastique au quotidien et donc ses effets dommageables sur la fertilité et la santé en général (ainsi que l’environnement!), je vous ai déjà écrit plusieurs articles à saveur zéro déchet, notamment sur la douche, les déplacements, l’épicerie, la cuisine et l’hygiène dentaire. Je vous avais déjà écrit un article sur la teinture naturelle au curcuma ainsi que le henné pour les cheveux, pour aller encore plus loin dans ce processus. J’espère que vous avez aimé cette mini-série sur le plastique et ses effets sur la santé et l’environnement, qui, bien que plutôt alarmant, donne des pistes de solutions et sait rester optimiste pour la suite.
Sources:
- Documentaire Désintox plastique
- Documentaire A plastic ocean
- Evidence for decreasing quality of semen during past 50 years – Elisabeth Calsen, Aleksander Giwercman, Niels Keiding, Niels E Skakkebaek
- Temporal trends in sperm count: a systematic review and meta-regression analysis – Hagai Levine, Niels Jørgensen, Anderson Martino-Andrade, Jaime Mendiola, Dan Weksler-Derri, Irina Mindlis, Rachel Pinotti, and Shanna H. Swan
- Decrease in Anogenital Distance among Male Infants with Prenatal Phthalate Exposure – Shanna H. Swan, Katharina M. Main, Fan Liu, Sara L. Stewart, Robin L. Kruse, Antonia M. Calafat, Catherine S. Mao, J. Bruce Redmon, Christine L. Ternand, Shannon Sullivan, J. Lynn Teague, and the Study for Future Families Research Team
- Plasticenta: First evidence of microplastics in human placenta – Antonio Ragusa, Alessandro Svelato, Criselda Santacroce, Piera Catalano, Valentina Notarstefano, Oliana Carnevali, Fabrizio Papa, Mauro Ciro Antonio Rongioletti, Federico Baiocco, Simonetta Draghi, Elisabetta D’Amore, Denise Rinaldo, Maria Matta, Elisabetta Giorgini



